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16
Mar
09

Cher Oncle Sam,

Après ta grande colère de ces dernières semaines envers l’UBS, rien n’aurait pu laisser supposer que tu agirais avec autant de générosité envers elle.

Je suis donc ravie d’apprendre que, sur les 170 milliards de dollars que tu as donné à ton assureur AIG pour son sauvetage, environ 5 milliards sont revenus à l’UBS, alors même qu’AIG vient de déclarer la plus grosse perte jamais enregistrée par un établissement financier dans le monde, avec plus de 90 milliards sur 2008.

Il ressort clairement de ce que j’ai vu sur le site d’AIG que ce n’est pas un geste unique fait vis-à-vis de l’UBS, puisque de nombreuses banques européennes (dont aussi le Credit Suisse) ont également bénéficié de ces largesses. J’ai aussi cru comprendre que ce n’était pas exactement dans tes intentions que tes capitaux soient ainsi distribués non seulement aux banques partenaires de ton grand assureur (à hauteur de 90 milliards), mais aussi à ses dirigeants pour leurs boni (à hauteur de 450 millions).

Quoiqu’il en soit, je trouve ça très fair-play de ta part, et je tenais à te le dire. J’espère que cela augure d’un réchauffement de nos relations et que nous pourrons parvenir à un accord à l’amiable sur cette malheureuse affaire de clients de l’UBS, dont tu avais dans un premier temps exigé les noms.

Bien à toi,

Helvetia

11
Mar
09

Vive Madoff!

Déjà entré dans la légende pour avoir monté la plus grande pyramide de Ponzi connue à ce jour, Madoff s’apprête à entrer dans l’immortalité, histoire de purger les 150 ans de prison qu’on lui promet. Bon, 220 ans (ses 70 ans + les 150 de prison), c’est pas tout à fait l’immortalité. Mais tout de même, quel veinard! Car ça devrait lui permettre d’assister à une ou deux choses – aujourd’hui hautement improbables – que nous autres, honnêtes citoyens soumis à une espérance de vie normale, ne verrons pas. Par exemple: l’UBS devenir une banque à taille humaine, discrète et empreinte de modestie, sachant veiller sur l’argent de ses clients et le faire prospérer. Ou le système financier américain être entièrement nationalisé (et placé sous la conduite des autorités fiscales). Ou les organismes de surveillance de la finance se mettre vraiment à surveiller. Ou le secret bancaire être remplacé par une licence internationale accordée d’office aux banques – on verrait bien, alors, qui aurait la classe et le savoir-faire nécessaires pour séduire les clients, et ça ferait taire les mauvaises langues qui croient que le succès de nos banques repose sur le secret bancaire. Ou la Bourse suivre une progression saine et durable en ligne avec celle de l’économie – soit entre 3% (pour les années calmes)  et 7% (pour les très bonnes années) – et non plus brûler la chandelle par tous les bouts!

Oh, et puis finalement, non. Madoff n’est peut-être pas aussi veinard que je ne le pensais. Ça risque de drôlement le déprimer, tout ça, sans parler de devoir raconter à ses co-détenus (qui ne le croiront pas, c’est sûr) comme “c’était mieux avant!”. Alors, pour tout le mal qu’il a fait, qu’il soit condamné à vivre pour l’éternité. Vive Madoff!




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